mardi 5 janvier 2010

Elle n'est pas belle...


« Elle n’est pas belle ! » c’est ce que je me suis dit quand je l’ai vue pour la première fois chez mes amis Maria et Stephan. A l’époque j’étais attiré par les belles femmes; c’était mon époque de conquérant et les conquêtes devaient être forcement belles et jeunes ; or, la femme que je viens d’évoquer n’était ni belle ni jeune, alors aucun intérêt pour moi…Maintenant quand je me souviens de mon attitude, je me rends compte comme j’étais con. Oui, très, très con et fier de moi et de ma connerie .Chez les amis dont je viens de vous parler, j’avais vu une femme qui avait à peu près la quarantaine, mince, les cheveux grisonnés , courts et, à ce moment là, c’était tout ce que je pouvais dire sur elle. On avait parlé de tout et n’importe quoi. Elle est partie avant moi et c’est tout pour le moment. Après des années je me dis que j’ai eu la chance de la connaitre et, moi, je suis passé à coté d’elle, heureusement que je ne suis pas resté comme ça, coincé dans des conquêtes faciles et seulement belles. J’avais 35 ans et je ne voulais pas me marier ; j’avais peur de perdre ma liberté, ma liberté si précieuse, ma liberté masculine qui faisait de moi le mec fort et désiré et j’en profitais. Dès que je voyais une belle femme, je voulais l’avoir dans mon lit et je réussissais la plupart du temps. Il m’arrivait parfois d’être refusé, mais ça ne me tracassait pas…je passais à la suivante. Je ne voulais pas tomber amoureux et pour ça ma plus longue liaison à ce temps là a duré 6 mois. C’était une belle blonde, douce, mince, délicieuse, amoureuse…mais après 6 mois, ces qualités sont devenues des défauts et ça veut dire que j’avais envie de passer à autre chose, à une autre femme. J’ai essayé de lui expliquer, mais elle ne comprenait pas, elle était sure qu’il s’agissait d’une autre femme. Au fond elle avait raison; il s’agissait d’une autre femme, mais je ne l’avais pas encore trouvée. Comme elle ne comprenait pas, j’ai crié et je lui ai dit que j’en avais assez d’elle et que je ne voulais plus la voir. Je me souviens ses grands yeux marrons qui me regardaient étonnés comme si je venais de lui révéler la vérité essentielle de l’univers et puis, tout d’un coup, elle a commencé à pleurer; c’était un pleur silencieux, sans grimaces, son visage était seulement sillonné par les larmes; immobile, elle me regardait et pleurait. Maintenant quand j’y pense, je me déteste ; j’ai été d’une telle cruauté que j’ai l’impression qu’il s’agit d’une autre personne, mais c’est comme ça et, maintenant, je ne peux rien changer…La fille est partie et je l’ai vue après des années, elle était mariée et elle semblait heureuse; maintenant je pense que c’est plutôt moi qui voulais qu’elle soit heureuse…mais, enfin, c’était comme ça à mes 35 ans. Les autres femmes…je ne m’en souviens pas très bien… blondes, brunes, rousses…toute sortes…elles devaient peupler mes moment de solitudes et assouvir mes désirs. Je me croyais heureux et je trouvais le vie belle; j’avais réussi dans ma profession, j’était un jeune avocat prometteur, j’avais un bel appartement dans un des quartiers chics de la ville ; j’avais un succès certain auprès des femmes et selon mon avis de l’époque, c’était ça le bonheur. Pauvre con que j’étais….

Elle n'est pas belle...